évènement: Faust


Parodie pour marionnettes, en bruxellois français.

Comment Toone en est-il arrivé à Gounod ? Au temps où La Monnaie, maintenant

Opéra National, disposait de privilèges écrasants par rapport aux autres

théâtres de Bruxelles, Tôône-Dufeys (une autre dynastie de marionnettistes) se

rendait régulièrement à l’Opéra pour y copier le plus fidèlement possible ces

grands spectacles inaccessibles pour le peuple des Marolles et les présenter

ensuite dans son théâtre. Les marionnettes traditionnelles étaient alors le seul

moyen d’éducation populaire d’un public toujours prêt à s’enthousiasmer pour

les plus grandes oeuvres. Toone VII à son tour se pencha sur l’opéra de Gounod

pour en faire une adaptation parodique.

« ... Tandis que le docteur Faust boit une dernière gueuze dans l’espoir d’une

mort subite, un inquiétant personnage, le “Deuvel”, vient lui proposer des

paquets de billets de mille et une belle “mokske” au doux nom de

Marguerite, en échange de son âme. On fait un tour à la foire du midi, on

passe (en coulisses) une nuit enchanteresse et... c’est le coup de foudre. Avec

une conséquence pour Marguerite : “Des robes qui vont devenir trop courtes

par devant”...

Quiconque s’aventure dans le vaste univers que représente ce sujet comprendra,

à travers l’humour, le sentiment de paix intérieure qui l’anime.

On devine aisément ce que peuvent donner des mélodies telles que Salut,

demeure chaste et pure ou Anges purs, anges radieux accommodées à la

sauce bruxelloise... » (La Lanterne)

Fidèle à la tradition, Toone fait toutes les voix et n’hésite pas à pousser le grand

air des bijoux à l’égal de notre célèbre Castafiore.

Les décors et costumes de Raymond Renard donnent à Marguerite toutes les

raisons de se voir si belle en ce miroir.